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À bas les chefs !
Écrits libertaires (1847-1863)
Parution : 21/03/2016
ISBN : 9782358720779
Format papier : 337 pages (13 x 20 cm)
15.00 € + port : 1.50 €

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Présentés par Thomas Bouchet.

Joseph Déjacque, ce méconnu. Publier aujourd’hui les écrits de l’ouvrier révolutionnaire, c’est remettre en circulation l’une des œuvres les plus radicales du XIXe siècle et — ceci explique sans doute cela — l’une des moins étudiées.
La courte existence de Déjacque (1821–1865) est tissée de ruptures et de crises. Le chômage interrompt maintes fois le parcours professionnel chaotique de ce commis devenu ouvrier-colleur et peintre en bâtiment.
La Révolution de Février 1848, la tragique insurrection de Juin 1848 et ses lendemains nourrissent ses convictions socialistes. Il part pour l’exil après le coup d’État du 2 décembre 1851 : à Londres, à Jersey et aux États-Unis, il élabore sa propre vision de l’anarchisme. Il regagne Paris en 1862 ; extrêmement pauvre, malade, isolé, il y meurt dans l’anonymat le plus complet.
Entre la fin de la monarchie de Juillet et le milieu du Second Empire, en France et dans l’exil, Déjacque ne cesse d’écrire : des recueils de poésie, des brochures, une grande utopie (L’Humanisphère), plus d’une centaine d’articles de presse (en particulier dans son journal Le Libertaire), des lettres aussi dont quelques-unes sont arrivées jusqu’à nous. Il fixe inlassablement sous une forme originale sa haine de toute autorité et son amour pour la liberté la plus absolue. Il est l’inventeur du mot « libertaire ».
De sa plume trempée au vitriol il s’attaque à tous ses ennemis, de Dieu à l’épicier fraudeur du coin de la rue, du gouvernant au père de famille bourgeois ou au propriétaire d’esclaves de la Louisiane. Il exhorte le peuple à secouer un joug trop complaisamment accepté. Déjacque n’incarne-t-il dès lors qu’une violence à l’état pur ? Ce serait négliger que s’il ne cesse de s’écrier « Debout  ! », c’est pour que soit combattue la violence adverse et pour qu’il devienne possible un jour de vivre, enfin, heureux. Celui qui se qualifie de « fils de Satan, petit-fils de Prométhée
» est un écrivain de la tendresse, un forgeur de mots, un blagueur de haut vol qui excelle à donner un visage mobile à la liberté.
Curieux du monde et des autres, attentif aux grands soubresauts de son siècle, il étudie sans complaisance ses contemporains : l’« âne bâté » (Garibaldi), le « César du provisoire » (Ledru-Rollin), l’« anarchiste juste-milieu, libéral et non libertaire » (Proudhon), Napoléon III et « sa chienne de peau » ; et éclaire d’un jour original son siècle — et le nôtre.
Ce volume explore tous les aspects de l’œuvre de Déjacque et réunit plusieurs textes inédits, parmi d’autres mieux connus : « La proclamation de la République », La Question révolutionnaire, des extraits des Lazaréennes et de L’Humanisphère, des articles du Libertaire, et des lettres à Proudhon jamais publiées.

Réalisation : William Dodé